Depuis la fin des années 1970 et le début des années 1980, la plupart des pays développés n’ont pas connu d’inflation. Au contraire, les taux d’inflation n’ont pas cessé de baisser, entraînant à la baisse les taux d’intérêt.

Quarante ans de désinflation

Ce phénomène de « désinflation » s’explique par trois facteurs. Le premier facteur est celui de la tendance démographique marquée par une baisse du nombre de naissances. En effet, la forte augmentation de la population après la deuxième guerre mondiale (« babyboom ») a laissé la place à une forte diminution de la fécondité. Ceci s’explique par l’accroissement du pourcentage de femmes dans le monde professionnel, la hausse du chômage et la croissance économique plus faible qui rend la situation financière des ménages plus précaire, ainsi que les coûts liés aux enfants (garde, scolarité, entretien).

Le deuxième est lié au développement du secteur des services qui est moins impacté par les variations de coût des matières premières.

Le troisième facteur est lié aux technologies nouvelles, surtout l’informatique, qui est fortement déflationniste par nature. Par exemple, beaucoup de syndicats s’inquiètent de l’emploi accru de robots qui finissent par remplacer des êtres humains pour des tâches de plus en plus complexes.

Les taux d’intérêt peuvent être calculés comme la somme de la croissance économique et de l’inflation. Dans un contexte où la croissance économique est en baisse depuis 2008 (crise financière) et l’inflation en baisse, il n’est pas surprenant de voir que les taux sont en baisse depuis 1982 aux Etats-Unis.

Graphique : les taux à 10 ans américains sur soixante ans

Cependant, les taux d’intérêt reflètent également le risque débiteur. Si durant de nombreuses années, l’accroissement de la dette publique n’a pas inquiété les marchés, on ne peut pas exclure un retour de manivelle avec des investisseurs qui demanderaient une prime de risque (rendement supplémentaire) pour compenser ce risque de crédit accru.

En effet, durant la période de 2010 à 2012, lorsque sévissait la crise économique en Europe, on a vu les marchés financiers s’inquiéter de la capacité des états à refinancer ou rembourser leur dette, ce qui avait provoqué une hausse des taux d’intérêt et un crash boursier. C’était l’époque où les taux italiens avaient dépassé 7% et que le risque de défaut de l’état italien était réel. Dans le cas de la Grèce, cet état a fait défaut tant vis-à-vis des créanciers obligataires que vis-à-vis de ses ressortissants en réduisant ses prestations sociales ainsi que les investissements dans les domaines de la santé, la formation et l’infrastructure.

La pandémie du Covid-19 et la fin de la désinflation ?

A court terme, les chiffres de l’inflation sont en forte hausse. Ceci s’explique par l’effet de comparaison avec 2020, et la situation de récession mondiale qui a suivi les mesures de confinement, ainsi que par les baisses de capacités de production en 2020 qui provoquent des pénuries dans bon nombre de secteurs. Ces pénuries concernent tant des produits finis que les matières premières. Dans certaines industries, notamment la restauration ou les compagnies d’aviation, on constate aussi des pénuries de travailleurs.

La plupart de ces pénuries devraient disparaître dans le temps, et les taux de croissance historiques plus modestes devraient remplacer les taux de croissance exceptionnels que la plupart des pays devraient connaître en 2021 et 2022.

Toutefois, un autre facteur peut influencer l’inflation. Il s’agit de la masse monétaire. Avec l’augmentation de la dette des états, ainsi que les politiques monétaires très expansives menées par les banques centrales qui ont fait « tourner la planche à billets à plein régime », il y a un effet de perte de valeur des monnaies, ce qui devrait induire de l’inflation. Cet élément est bien connu, et c’est un des arguments mis en avants par les investisseurs prudents investissant dans l’or.

Les états ont intérêt à laisser réapparaitre un peu d’inflation, afin de réduire le poids de la dette publique.

En conclusion, si la forte hausse de l’inflation liée au covid-19 apparaît de nature temporaire (12 à 18 mois), la hausse du risque de crédit de la plupart des états conjointe avec la hausse des masses monétaires pourrait entraîner une hausse de l’inflation, et donc des taux à long terme. Ceci serait évidemment négatif pour les marchés financiers, plus particulièrement

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- Les actions, en particulier les actions à valorisation élevée

A contrario les investissements suivants seraient à privilégier :

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- Actions dans les secteurs financiers et des matières premières

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